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Dennis Rodman, Le ver est dans le fruit.Sports

Posté le 2016-05-20 23:23:16 par basketusa.com

Sept fois meilleur rebondeur et deux fois Défenseur de l’année, Dennis Rodman (55 ans ce 13 mai) a prouvé qu’on pouvait devenir une star NBA sans marquer de points. Pour le grand public, « The Worm » est d’abord le personnage déjanté qui défraya la chronique au cours de la décennie 90. Detroit a rendu justice au basketteur en retirant son maillot. Le monde du basket aussi en l’intronisant au Hall of Fame.

Il est des blessures qui ne cicatrisent jamais. Comme une enfance malheureuse.

"Je ne me souviens plus de moi étant jeune. J’ai quelques rares photos, c’est tout. J’étais un enfant paumé dans un univers en totale destruction. Autour, tout n’était que gangstérisme et pauvreté."

Difficile de croire que Dennis Rodman ait pu être un garçon timide et introverti. Au début des années 90, il songea même à en finir avec la vie. A partir de cet instant, il vécut la sienne à 2 000 à l’heure. « Dennis la menace » devint l’archétype du « bad boy ». Rebelle. Indomptable. Déjanté. Extravagant. Provocateur. Inconscient. Avec sa nonchalance, son air go­guenard et son sourire narquois, Rodman amusa autant qu’il agaça. Pour la NBA, c’est une plaie permanente. Pro de l’agression physique et verbale, roi de la faute technique, prince de l’expulsion… L’énergumène a tous les talents. Et tous les culots. Perturbateur-né, il excellera dans l’art de foutre la merde. Pour les plus jeunes, « The Worm » (le Ver) est un héros. Dennis est de toute évidence timbré. Il fait peur autant qu’il intrigue. Le look résume toute la singularité du personnage. Les percings et les tatouages ne suffisent pas. Alors, Dennis se teint les cheveux au gré de ses humeurs, de ses envies et de ses lubies. Dans l’univers très policé de la NBA, le bonhomme détonne. Rodman fait sensation là où on ne l’attend pas. Sur les plateaux de cinéma. Sur les rings de catch. Dans les magazines pour adultes. In bed with Madonna. En décembre 1996, « Rolling Stone » le propulse à sa Une, affublé de cornes, langue pendante. Rodman créature de Satan ? Pas besoin de mise en scène. Pour beaucoup, « The Worm » fut l’incarnation même du Mal. A la fois inquiétante et fascinante…